SANTIAGO, ALERTE POLLUTION !
Les villes chiliennes font parties des plus polluées du continent. La capitale chilienne n'échappe donc pas à la régle. Santiago compte 7 milions d’habitants, peu soucieux et pas informés sur les risques de la pollution atmosphérique. Cette pollution est essentiellement due à l’intensité du trafic routier, les sites industriels et à la situation géographique de Santiago, localisée dans une vallée entre deux montagnes.Classement villes polluées Amérique Latine
Facteurs qui en sont la cause
- Géographie du bassin: Santiago est entourée par la cordillère des Andes et la Cordillère côtière, ce qui empêche la libre circulation du vent. De plus la capitale se trouve au départ de cette vallée, et juste avant un resserrement des deux chaines de montagnes. La ville est donc située dans ce que l'on appelle une cuvette. Selon des chercheurs, la géographie de la région est le principal facteur de la mauvaise qualité de l'air.
Inversion thermique : En hiver, une couche d'air chaud emprisonne l'air froid et pollué au niveau du sol, agissant comme un couvercle invisible. - Émissions des véhicules: Le flux constant des transports publics et privés génère une part importante de gaz polluants. En général, une ville abritant une population importante va avoir des taux de contamination de l'air élevés. Santiago compte plus de sept millions d'habitants.
- Utilisation du bois de chauffage: Malgré les restrictions urbaines, le brûlage de bois de chauffage à usage domestique dans les zones périphériques et rurales de la région contribue à des niveaux élevés de smog.
- Activité industrielle: Les procédés dans les chaudières, les usines et la remise en suspension des poussières du sol augmentent la charge polluante de l'environnement.
Principaux polluants
Le plus grand danger provient des particules fines (PM2,5), composées de particules microscopiques d'un diamètre inférieur à 2,5 micromètres. De par leur taille infime, elles pénètrent directement dans les poumons et rejoignent la circulation sanguine, provoquant des maladies respiratoires et cardiovasculaires, ainsi que des décès prématurés.Dans une moindre mesure, la ville est également confrontée à des niveaux élevés de PM10 et de gaz nocifs tels que le monoxyde de carbone (CO) et les oxydes d'azote (NO2).
Comment le suivi est-il effectué ?
Tout au long de l'année, la qualité de l'air de la capitale chilienne est suivie par une dizaine de stations de surveillance et mesurée 24 heures sur 24 grâce à un réseau public de stations de surveillance stratégiquement réparties dans toute la ville. Ce système permet aux autorités d'évaluer la qualité de l'air en temps réel, de générer des prévisions quotidiennes et d'émettre des alertes environnementales lorsque les niveaux de pollution sont dangereux.La surveillance de la qualité de l'air est gérée par des outils et des institutions spécifiques:
- Réseau MACAM: Le réseau de surveillance de la qualité de l'air de la région métropolitaine dispose de stations automatiques situées dans des districts clés tels que Pudahuel, Cerrillos, El Bosque, La Florida et Las Condes.
- Plateforme SINCA: Les données capturées par ces stations sont transmises toutes les heures au Système national d'information sur la qualité de l'air (SINCA) , un site web géré par le ministère de l'Environnement où tout citoyen peut consulter l'indice de qualité de l'air (IQA).
- Modèles de prévision: Le ministère de l'Environnement combine les données sur la pollution avec les rapports météorologiques de la Direction météorologique du Chili (DMC) pour prévoir la ventilation des bassins et anticiper les épisodes critiques.
Les stations analysent différents composés nocifs, principalement répartis en deux catégories:
- Particules en suspension (PM): les PM10 (particules grossières telles que la poussière ou la suie) et les PM2,5 (particules fines issues de la combustion) sont mesurées . Ces dernières constituent le polluant le plus dangereux et le plus surveillé à Santiago en raison de leur capacité à pénétrer profondément dans les poumons.
- Gaz polluants: Les niveaux de monoxyde de carbone ( CO ), de dioxyde d'azote ( NO₂ ), de dioxyde de soufre ( SO₂ ) et d'ozone ( O₃ ) sont évalués en continu.
Outre le réseau officiel du gouvernement chilien, des plateformes mondiales indépendantes comme IQAir mesurent la qualité de l'air de Santiago en temps réel . Cela permet de comparer les niveaux de pollution de la capitale chilienne aux normes de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et à ceux d'autres grandes villes du monde.
Mesures de prévention
Pour lutter contre la pollution dans le bassin de Santiago,Les autorités chiliennes ont mis en œuvre une stratégie à long terme fondée sur le Plan de prévention et de décontamination atmosphérique (PPDA) , renforcée par la stratégie Santiago Respira.Ces mesures combinent des restrictions permanentes et des mesures d'urgence pendant les mois d'automne et d'hiver.Du 1er mai au 31 août de chaque année, un plan hivernal spécial est mis en œuvre car le froid et l'absence de vent emprisonnent le smog dans le bassin de Santiago. En fonction de la moyenne mobile sur 24 heures de la pollution cumulée, la délégation présidentielle établit les états suivants :
Gestion des épisodes critiques
Pendant alertes environnementales, lorsque la contamination de l'air est supérieure à 300 microgrammes par mètre cube, des mesures d'urgence sont appliqués: restriction de circulation sur une partie des véhicules (environ 20%) en fonction du numéro de la plaque d'immatriculation et restrictions sur une certaine activité industrielle polluante.Peu sensible à la contamination de l'air de Santiago, un grand nombre d'habitant de la capitale veut posseder une grosse voiture.
La ville dispose également d'un plan de décontamination préventif, qui comprend une réglementation des filtres sur tous les transports publics, la réglementation des poêles à bois et à la normalisation des autres appareils de chauffage ainsi que la réduction des émissions d'oxydes d'azote par les industries.
Les spécialistes assurent que ces mesures, auront des effets à long terme, mais qu'il est nécessaire d'imposer rapidement des mesures plus restrictives, et surtout pendant toute la période d'hiver.
Certains suggèrent d'interdire complètement l'utilisation du bois pour le chauffage, et de mettre des filtres sur tous les bus, ainsi que de réduire le trafic dans la ville en encourageant l'utilisation du vélo et des transports publics. Le problème est que ces mesures ne sont pas populaires.
La quantité de 4x4 à Santiago est impressionante. Une grande partie de la population à pour ambition de posséder ce type de véhicule. D'autre part, malgré le boum du 2 roues depuis peu, il est plutot dangereux de rouler dans les rues de la ville pour circuler en vélo, et les pistes cyclables sont encore trop rares. D'ailleurs un grand nombre de cycliste préfère emprunter les trottoirs.
Il y a aussi un coût financier. En interdisant l'utilisation du bois, le gouvernement devra donner une autre alternative pour le chauffage. Pour encourager les gens à utiliser les transports publics, le gouvernement devra améliorer le système de transports publics.
En 2005, les chercheurs indiquaient que pour 41% de la pollution de l'air à Santiago était causé par le transport (y compris les autobus, les camions et les voitures).
La controverse à propos des alertes environnementales
Il y a fréquemment des critiques sur la façon dont le calcul du taux pollution est fait et a quel comment les alertes sont définies. Les données fournies par le gouvernement devraient être plus transparentes et les niveaux d'alerte environnementale devraient être plus strictes. Il est évident que si les alertes environnementales sont activées plus fréquemment à Santiago, l'activité industrielle sera paralysée. Et il y a un lobby industriel qui fait que cela ne se produise pas.
World Air Quality
World's Air Pollution
Le ministère de l'Environnement réponds en général aux critiques, en affirmant que la matière particulaire fine est mesurée par le gouvernement et que le système est transparent.
Les plus exposés sont les plus jeunes
Chaque fin d'automne, la capitale du Chili se trouve dans une situation médicale préoccupante, avec les niveaux de pollution qui grimpent en flèche et qui font exploser les taux de maladies respiratoires chez les enfants.
La pollution atmosphérique se traduit directement par une augmentation des affections car les voies respiratoires s'irritent, et deviennent plus vulnérables à des agents pathogènes.